L'interview du réalisateur d'Etre éco-citoyen
Questions à Christophe Joly, réalisateur du film « Etre éco-citoyen »
Qu'est-ce qui t'a donné l'idée de faire ce film? C'est ton geste éco-citoyen? Une révélation subite?
L’envie de comprendre comment nous en sommes arrivés là. L’envie de rencontrer ceux qui croient à des solutions. Ceux qui considèrent que vivre, partager et consommer autrement est un retour en avant vers une société plus équilibrée.
Le film présente beaucoup de pistes intéressantes et qui fonctionnent, mais est-ce qu'elles sont généralisables? Par exemple, est-ce qu'on pourrait produire en France suffisamment de produits bio pour nourrir tout le pays ?
C’est à nous de le rendre généralisable. Il est possible pour chacun d’entre nous de consommer de façon plus cohérente. De donner à ceux qui respectent le vivant et de tourner le dos à ceux qui le détournent. Il faut retrouver le temps pour l’essentiel, nous avons beaucoup plus à y gagner que d’aller se perdre dans le mirage de notre société de vitesse et de croissance infinies. En un mot, donnons plus d’importance à notre bonheur national brut qu’à notre produit national brut.
Ton film ne parle pas du tout de politique, se concentrant sur les actions concrètes. Est-ce que tu penses que la politique militante et le fait de voter font partie des gestes éco-citoyens?
Comprendre et réapprendre que nous avons, nous, individus, à notre échelle, la possibilité de voter notre quotidien, c’est ça la politique. Peut-être que cette voie pourrait nous permettre de nous élever un petit peu plus haut vers un monde un plus ancré dans la réalité et la cohérence... Cette conscience collective existe et grandit chaque jour mais sera-t-elle mûre à temps?
Et est-ce que tu vois une amélioration de la situation sur le plan politique? Est-ce que le Grenelle n'était que du « Greenwashing politique », ou reste-t-il un espoir de ce côté-là?
Je vous invite à vous procurer le livre de Stephen Kerckhove : « Grenelle de l’environnement, l’histoire d’un échec » aux éditions Yves Michel.
Après avoir montré ton film, est-ce que tu as suscité des vocations? Quelles sont les réactions?
Une éducatrice dans une association éducative sur l’environnement m’a racontée qu’en deux ans, elle avait passé ce film à plus de 120 classes… « Votre film est un relais » m’a -t’elle dit, c’est un beau compliment.
Il y a sûrement plein d'autres choses à dire sur l'éco-citoyenneté, que pourrais-tu encore rajouter qui ne figure pas dans le film?
Ouvrez les yeux, il est temps d’agir pour notre bien et celui de tous…
Est-ce que tu as rencontré des difficultés sur le tournage (problème d'autorisation, censure ou autre)? Sinon, est-ce qu'il y a des annectotes amusantes à raconter?
J’ai une histoire, malheureusement pas très amusante. Celle d’un apiculteur qui m’a raconté que, chaque année, il redistribue un certain pourcentage de sa récolte de miel à ses abeilles. « Pour leur équilibre, un hiver plus serein », m’a-t-il dit. Puis il a rajouté: « Mais certains d’entre nous commencent à remplacer ce miel par un sirop de glucose raffiné dix fois moins cher, vous imaginez les conséquences… » Cette petite histoire reflète malheureusement assez bien un courant de pensées de plus en plus présent dans notre monde dit moderne.
Quels sont tes projets pour la suite? D'autres films sur le même thème?
Continuer à mettre mes compétences au service du film documentaire éducatif…
